thoreau poème

thoreau

 

Le fil de l'eau se dissout dans la brume
Pour mieux aimer le feuillage et l'insecte.
Sa sœur la lune accompagne ses pas,
La luciole est sa seule musique.

 

Il est parti, la ville sur son dos.
Il a rejoint sans la mort l'autre monde,
La face exquise oubliée à l'aurore
Par un troupeau d'aveugles obstinés.

 

Lui contemplait l'infinité des astres
Dans le grand jour-suis-je reinette ou grive?
Ou bien fendait le monde comme un œuf
Pour contempler ses secrètes pensées.

Il respirait l'arôme du pourquoi
Et, la saveur de l'homme sur la langue,
Il mûrissait les blés de son regard
Pour se baigner dans leur immensité

 

Cueillons, cueillons des roses de cristal
Pour percevoir les saisons qui s'échappent

Lui qui durait comme pointe de flèche

Perce pour nous les secrets du grand jour.

 

Robert Sabatier

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