Moi, le môme

Pas plus haut que trois pommes,

Je voudrais que tu sois le vent

Et que tu m'emportes sur tous les continents,

Pour dire à tous les hommes,

Les blancs, les noirs, les rouges, les jaunes et même aux fantômes,

Qu'ils se rappellent qu'eux aussi ont été

Ce drôle d'oiseau sans ailes

Agitant ses bras à tire-d'aile,

Lorsque tu me tournes le dos

Pour écrire des mots au tableau.

Mes camarades se moquent de moi

Et ils me montrent du doigt,

Quand tu te retournes, surpris

D'avoir entendu comme les battements d'ailes d'un canari.

Tu ris jaune comme lui

Mais je vois bien dans tes yeux qui luisent,

Que tu voudrais aussi t'enfuir avec moi,

Bien loin de ses quatre murs qui font la loi.

Tu montes sur tes grands chevaux

Et tu me traites de drôle d'oiseau !

Tu me grondes et tu me punis.

Vingt-cinq lignes en rouge pour cette félonie.

Je dois arrêter de me prendre pour un oiseau !

Vingt-cinq lignes pour avoir fait le sot !

Au présent et à la première personne.

Comme un perroquet qui bougonne.

Mais je suis bien ennuyé

Quand je dois écrire cette phrase sur mon cahier,

Car je ne me suis jamais pris pour un canari, ni pour un perroquet

Ou pour tout autre oiselet !

Non, non, je suis vraiment un drôle d'oiseau !

Celui qui vit tout là-haut

Bien au-delà des nuages et du temps

Des siècles et de ce monde étouffant.

C'est toi qui ne vas pas bien

Tu ne vois rien !

Sauf tes mots écrits au tableau

Comme des phrases écrites par un idiot.

Alors, j'ordonne à tes grands chevaux

Qu'ils te prennent sur leur dos

Avec mes ailes comme cadeau.

J'en ai plein le dos de cette cage,

De cette classe pour enfants sages.

Sans canailleries, ni drôleries !

Car, je suis l'oiseau du paradis,

Celui qui a pris la forme d'un enfant

Pour rendre visite à la Terre et aux océans.

Il est temps à présent que tu goûtes au bonheur,

Toi qui as passé ta vie dans les classeurs.

Aussi, mes bras retrouvent leurs ailes,

Et tu t'envoles avec elles,

Sur tes grands chevaux qui ne sont plus en colère

Pour visiter toute la Terre,

Tandis que l'on peut lire sur mon cahier,

Comme le refrain d'un parolier

Je suis l'oiseau du paradis.

Je suis l'oiseau du paradis.

Je suis l'oiseau du paradis.

Je suis l'oiseau du paradis.

 

Jean-Michel Bartnicki

Mot de l'auteur :"Ce poème est dédié à toutes celles et à tous ceux qui ont conservé leur âme d'enfant quand la réalité et l'imaginaire se rejoignent pour former un monde auquel on croit, un monde à part qui embellit chaque chose et chaque être...un monde d'amour..."

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